Premier test : Royal Enfield Scram 411

Changer une équipe gagnante est, comme on dit, un non sens. Mais que faire si les changements restent subtils ? Garderiez-vous l’équipe gagnante, ou pas ? C’est la question que Royal Enfield s’est posée lorsqu’elle a transformé son Himalayan en scrambler – le Scram 411 – et qu’elle propose maintenant à l’essai à la communauté des journalistes moto. Nous nous sommes rendus dans le poumon vert de la région parisienne pour le tester en détail.

Pas une punition

Alors que son homologue partageant la même plateforme a été conçu pour franchir l’Everest sans faire de bruit, sans avoir besoin d’un gros compte en banque ou d’une grande expérience, le Scram 411 est clairement destiné aux personnes qui pensent que l’Himalaya est cool, mais qui ne la conduiraient pas en tout-terrain. Le débattement de la fourche est diminué, la selle a reçu un rembourrage supplémentaire, le phare avant a été abaissé et placé plus en arrière, le diamètre de la roue avant est passé de 21 à 19 pouces, cinq combinaisons de couleurs ont été créées, un habillage de phare spécial en aluminium et deux écopes latérales placées le long du réservoir ont fait leur entrée, et … pour le reste, l’Himalayan est restée fidèle à elle-même. Le cadre, le moteur et le réservoir sont identiques. Jusqu’au moindre boulon. Et ce n’est pas du tout une punition. 

La simplicité prévaut

Ce membre de la famille indienne, qui ne cesse de s’agrandir, dispose également d’un moteur simple et éprouvé. Le moteur 411cc SACT refroidi par air avec boîte de vitesses à cinq rapports est inchangé par rapport à l’Himalayan. Le Scram 411 développe 24,3 ch à 6 500 tr/min avec un couple maximal de 32 Nm à 4 500 tr/min. Pas de réglage différent, la même recette pour tous. Dès les premiers mètres, il est clair que la boîte de vitesses remplit parfaitement son rôle, avec un levier d’embrayage non réglable mais souple et cinq rapports qui semblent parfaitement adaptés aux conditions de roulage quotidiennes. À cinquante km/h, vous êtes sur le troisième rapport, à soixante-dix (on roule en France !), vous êtes sur le quatrième, la surmultiplication de la cinquième vitesse est adaptée à l’autoroute. Il est vrai que ces routes à deux ou trois voies très fréquentées, ne sont pas vraiment le terrain de jeu favori d’un scrambler.

Car si cette Scram 411 file avec aisance – mais calmement – vers les 100-110 km/h, le monocylindre se sent clairement plus à l’aise lorsqu’il tourne juste en dessous de ces vitesses. Pas de précipitation, mais du calme. La réponse de la poignée d’accélérateur est assez douce, comme dans du beurre, ce qui rend la rotation de celle-ci peu perceptible. Et la montée vers la zone rouge est légèrement paresseuse mais linéaire. Une accélération vive pour dépasser n’importe quel tracteur nécessite donc de rentrer un rapport avec une planification à long terme. Mais cela aussi a son charme.

Nous avons également apprécié le “Tripper” de série : le petit écran rond à côté de l’odomètre sur lequel vous pouvez projeter la navigation virage par virage via votre téléphone portable et l’application RE (ou lire les statistiques de votre voyage après coup). Il fonctionne parfaitement et constitue un excellent complément à une moto de ce budget. Top !

Spongieux

Assis presque parfaitement droit, avec le guidon large et incliné vers l’arrière qui tombe bien sur les mains et les genoux pas très pliés, on est vraiment très à l’aise sur la selle retravaillée. Bien calés sur celle-ci, nous avons emprunté des routes secondaires, traversé la ville et arpenté un tronçon de route à gravier sans aucun faux pas. Bien secondé par les pneumatiques CEAT. Pas même quand le rythme a augmenté. Mais même avec seulement 23 ch, cet exercice reste amusant et cela inspire confiance. 

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant du frein avant, qui manque de mordant. Et la sensation spongieuse ressentie dans le levier de frein est difficile à cerner compte tenu des conduites de frein tressées en acier. Pour ralentir, il faut utiliser au moins trois à quatre doigts musclés de la main droite, qui tirent souvent le levier non réglable jusqu’à la poignée, sans qu’il y ait la performance de freinage souhaitée. Vous finissez par ralentir, mais ce n’est pas rassurant. Une lueur d’espoir renaît grâce au frein arrière, qui fait ce que l’on attend de lui, sans trop provoquer de déclanchement de la part de l’ABS.

Recherche de cohérence

Le système de suspension – composé d’une fourche télescopique classique de 41 mm avec 190 mm de débattement, et d’un monoamortisseur couplé à un bras oscillant débattant sur 180 mm – est clairement orientée vers le confort. La moto s’enfonce facilement de quelques centimètres sur ses suspensions lorsque je l’enfourche avec mes 69 kg. Sur la route, le calibrage des suspensions apporte un confort remarquable. Il s’adapte étonnamment bien aux chocs importants à l’avant – comme les dos d’âne, que nous avons tendance à attaquer un peu trop rapidement – mais fait passer les chocs plus petits sur vos poignets et vos bras plutôt rapidement. Bizarre. La prise d’angle est très vive, le train avant souple se laisse volontiers diriger et vous pouvez – invariablement en légère oscillation, mais avec confiance – rechercher le bon régime pour accélérer en douceur en sortie de virage.


Conclusion

Souvent, il n’en faut pas plus. C’est la pensée qui m’est restée en tête après ce test. Pour seulement 5 599 euros (5 799 euros avec les combinaisons de couleurs “premium”), vous disposez d’un moteur au fonctionnement doux et onctueux, d’une boîte de vitesses aux performances excellentes, de suspensions assez confortables et d’une moto sur laquelle il est très agréable de s’asseoir et de flâner. Le vent dans les cheveux et la barbe, avec les soucis oubliés. Et avec les euros que vous économisez, il est possible d’investir dans une mise à jour de votre système de frein avant. Alors, pour moins de 6 000 euros, vous aurez une excellente moto pour la ville et la campagne. Pensez-y !

Données techniques Royal Enfield Scram 411

MOTEUR

Type: Monocylindre 4T à refroidissement par air, SACT, 2 soupapes
Cylindrée: 411 cm3
Puissance maximum: 24,3 ch (17,8 kW) à 6.500 tr/min
Couple maximum: 32 Nm à 4.500 tr/min
Transmission finale: par chaîne

PARTIE-CYCLE

Cadre: Tubulaire en acier
Suspension avant: fourche télescopique non réglable de 41 mm, déb. 190 mm
Suspension arrière: Monoshock, déb. 180 mm
Frein avant: un disque de 300 mm, étrier deux pistons, ABS
Frein arrière: un disque de 240 mm, étrier un piston, ABS

DIMENSIONS

Empattement: 1.455 mm
Hauteur de selle: 795 mm 
Poids: 185 kg à vide
Réservoir: 15 litres

TARIF & INFO

Prix: 5.599 euros (premium 5.799 euros)
Importateur: https://royalenfield-benelux.com/

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