La randonnée en off-road : d’où venons-nous et où allons-nous ?

Le seuil de tolérance des gens devient de plus en plus limité, et il semblerait que ce soit également le cas pour notre planète. Ces deux faits incitent les gens à se méfier de tout ce qui est équipé de pneus à tétines. Le bruit des échappements, qui était autrefois considéré comme “cool” ou “tolérable”, est aujourd’hui considéré comme dérangeant par de plus en plus de personnes. Les normes d’émission sont plus strictes, les chemins de terre sont de moins en moins accessibles et les normes environnementales deviennent plus rigoureuses. Tout cela nuit à la pratique de la randonnée et même à toute forme de conduite hors route. Cela soulève des questions. D’où venons-nous et, surtout, où voulons-nous aller ?

Flashback

Flashback dans les années 70. Les années où les deux-temps étaient en plein développement et où les Japonais ont commencé à profiter des informations qu’ils avaient obtenues via d’anciens ingénieurs du bloc de l’Est. Ils disposaient d’informations sur les sources d’énergie utilisées pour alimenter les fusées nazi, entre autres. Dans le livre Stealing Speed, Matt Oxley explique brillamment cela.

Il n’y a objectivement pas de meilleur moteur qu’un deux temps. Aucun moteur n’obtient plus de puissance avec le même nombre de cm3. Un moteur sans soupape pèse également beaucoup moins qu’un moteur à quatre temps. Il est également beaucoup moins cher à construire et plus facile à entretenir.

Il était donc logique que les deux-temps dominent les années 70 et 80. Le fait que les quatre-temps aient pris leur place, que ce soit ou non à la suite de modifications sournoises des règles, est à cet égard surprenant . Pourquoi ne pourrait-on pas trouver un moyen de faire rouler les motos 2T et 4T ensemble ? Pendant ce temps, KTM, entre autres, montre que les deux-temps peuvent fonctionner avec l’injection et sont silencieux et respectueux de l’environnement.

Projection sur l’avenir

Il est probablement plus facile de faire en sorte que Cyril Hanouna cesse de raconter des bêtises que de faire une comparaison entre une moto à moteur deux-temps de 1980 et une moto électrique d’aujourd’hui. Il ne s’agit donc pas d’un test comparatif, mais plutôt d’une manière originale de découvrir comment était abordé l’enduro, sport alors peu connu, il y a 40 ans. Et en même temps, nous voulons imaginer à quoi cela pourrait ressembler dans un avenir pas trop lointain.

Randonnée électrique

Zero Motorcycles a donné à la FX un châssis “facile”, car ils veulent faire de la FX une moto polyvalente. Pas une enduro pure et dur ou même moyenne. C’est une piste qui ressemble plus à celle qu’a suivit Honda pour la CRF300L. Par contre, vous pouvez apprécier l’énorme potentiel du moteur électrique Cypher II qui développe une puissance spectaculaire. La FX est une moto de trail très puissante disposant pratiquement de trois heures d’autonomie. C’est plus que ce que la plupart des utilisateurs de motos tout-terrain ont besoin. Autre bon point : 2 euros dans le nettoyeur haute pression du coin et la FX est à nouveau prête à l’emploi. Pas de tuyaux de refroidissement, de radiateurs ou de câbles. Ça se nettoie rapidement. Et pas de filtre à air à changer ensuite non plus. Branchez-la et après le chargement, vous êtes prêt à partir. La FX n’a pas de système de charge rapide, il faut donc compter 8 heures de charge. Un seul trajet par jour est donc le maximum. Cela représente environ trois heures de randonnée ou 120 km. Ce sera un peu moins quand il fait plus froid.

Viser la polyvalence

L’expression d’une très bonne puissance est toujours spectaculaire, et cela porte surtout ses fruits sur la route. La FX est hyper maniable et tant qu’elle ne reste pas trop longtemps en ligne droite, c’est une des motos les plus rapides du marché. Mais par-dessus tout, vous devez relâcher la poignée d’accélérateur et ne pas prendre un virage d’un seul coup, car alors des choses bizarres se produisent. Le potentiel de ce moteur électrique dans un châssis purement compétitif doit être impressionnant. Des marques telles que Stark Varg (que nous allons tester prochainement) et EMX avec la FX30 jouent la carte du motocross. Si des motos d’enduro étaient également développées, cela pourrait provoquer un revirement de situation. Zero ne s’immisce dans aucune de ces deux branches concurrentielles et vise la polyvalence. Avec cette politique, ils peuvent soit atteindre un public très large, soit tomber entre deux chaises. Même si le niveau de performance est un peu moins élevé que celui d’une enduro, il y a bien longtemps que nous n’avons pas profité d’une randonnée sans commentaires négatifs, regards désobligeants ou jets de pierres occasionnels.  

Autre monde

Enfin, si l’on ne compte pas les moments où la Suzuki PE 250 était là. Biden et Poutine sont plus proches que les deux motos de ce test. Il faut le dire : la PE 250 a été restaurée de manière optimale, c’est donc un plaisir de la conduire. Un petit coup de pied bien placé et le deux-temps refroidi par air commence à tousser. Au départ, avec un panache de fumée blanche et une odeur dont on espère un jour qu’elle sera introduite dans un après-rasage. Mais aussi avec pas mal de bruit. Cela ne semble pas trop fort, mais dans une forêt, ça claironne un peu plus . La façon dont Suzuki a réussi à distiller la puissance – liée aux moteurs à haut régime des vainqueurs de la Coupe du Monde, Rahier, Watanabe et Everts – d’une manière douce et coupleuse est également remarquable. Pas évident pour un deux-temps.

Attention aux pieds

Mais vous pouvez aussi l’utiliser pour rouler tranquillement et franchir des passages techniques. Tant qu’ils ne sont pas trop étroits, car les guidons des motos de la vieille école sont si larges que sur un chemin classiques, il faut faire attention à ne pas heurter constamment les arbres ou les buissons. Lorsque l’on fait du trail sur des tronçons plus ouverts, la PE prend tout son sens. Lorsque vous tourner la poignée d’accélérateur, vous ressentez une forte poussée sur le guidon à mi-régime, puis la moto file comme le vent. Elle n’est pas assez rapide pour suivre la FX sur une longue ligne droite, mais elle devait être assez impressionnante en 1980 pour repousser les limites de son pilote. De préférence assis, car lorsque vous vous levez, les points de fixation supérieurs des doubles amortisseurs poussent vos jambes si loin que vos pieds glissent presque des repose-pieds. La seule explication possible est qu’à cette époque, il fallait avoir une solide paire de panards. Ou être beaucoup plus petit, de sorte que les genoux étaient plus avancés. Ça pourrait être le cas avec les Japonais qui ont conçus cette moto dans les années 70.

D’où venons-nous ?

Dans tous les cas, la PE reste une moto agréable à conduire. Et c’est génial de foncer dans un virage avec ce moteur deux temps sans frein moteur. L’ergonomie étrange de la moto vous empêche d’aller à fond dans le virage, mais c’est un plaisir.

Si vous regardez la construction de cette moto, vous pouvez comprendre que des pas de géant ont été faits depuis cette l’époque. Une moto tout-terrain de 85 était déjà à des lieues d’un modèle de 1980. Mais c’est bien de ressentir ce qu’était une moto à double amortisseur et moteur deux temps refroidi par air. Il vous fait réaliser d’où nous venons pour comprendre où nous sommes maintenant.

Où allons-nous ?

La Zéro, quant à elle, donne un aperçu de ce que pourrait être l’avenir. Il n’est pas certain que cet avenir soit exclusivement électrique. Cependant, il est clair que les motos électriques constitueront une alternative importante. Leur caractère peu bruyant est un atout qui est encore plus important en off-road que sur la route. Pour ceux qui veulent une enduro nostalgique à double amortisseur, la PE250 reste un bon choix et une très belle chose à regarder. Ceux qui veulent rouler relativement sans souci devraient opter pour un trail électrique tel que la Zero FX. Vous ne dérangez – presque – personne et cela compense certains de ses inconvénients. On peut s’attendre à ce qu’après l’entrée dans le MX et le trial, dans un avenir pas trop lointain, des marques s’attaqueront également au marché du trail et de l’enduro avec des motos électriques. Pour Zero, l’objectif est de proposer une moto tout terrain facile. Qui se comporte également bien sur la route.

Conclusion

Il existe de nombreuses raisons d’acheter une PE250 par nostalgie ou de passer à une Zero FX par souci de tranquillité d’esprit durant ses randonnées. Mais aucune de ces deux motos ne s’approche du niveau de performance d’une enduro moderne. Objectivement, les meilleures motos tout-terrain homologuées restent les derniers modèles des marques spécialisées comme KTM, Sherco, GasGas, Honda/Redmoto, Yamaha, Husqvarna, Beta… Mais ce n’est pas ce que nous recherchions dans ce comparatif.

Photos : Cornelio Longo

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